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© Georges Starckmann, Artiste Plasticien

En vérité, un mystérieux personnage, volait l'ombre des passants, l'ombre des citoyens français, pour en faire des ombres chinoises.

Cet homme volait les ombres quand elle circulait sur les trottoirs, sur les murs, quand la lumière de la lanterne les dessinait sur les murs de l'église Saint-Gervais. Leurs âmes en furent meurtries, d'avoir perdu leurs ombres.

Il volait ces ombres, pour en faire un spectacle, il les faisait travailler dans un théâtre d'ombres, qu'il appela "ombres chinoises", pour faire chic.


© Georges Starckmann, Artiste Plasticien

Il les obligeait à s'agiter en musique, sur un drap blanc, en racontant une histoire pour distraire les clients de son cabaret et gagner des sous.

Ces malheureuses ombres, prisonnières, travaillaient toutes les nuits.

Les citoyens du quartier dépossédé de leurs ombres, n'osaient pas en parler à leur confesseur, le curé de l'église Saint-Gervais.

Certains en perdirent le sommeil. Ils se sentaient bien seuls, sans leurs ombres pour les accompagner partout où ils allaient, leurs vies en furent troublées, ils perdirent leurs cheveux, de gros boutons s'installèrent sur leurs visages.

Avec chacun, notre ombre, qui nous suit partout, on n'est jamais seul, et notre ange gardien est bien souvent installé dans notre ombre, pour être près de nous.

 



Textes et photos © Georges Starckmann


Le voleur d'ombres

Histoire de l'homme qui volait les ombres,
traînant sur les murs du quartier Saint-Gervais.

© Michel Kisinis

Georges Starckmann, Artiste Plasticien - Peintre - Sculpteur